Le blog de Philippe Vasseur, Consultant, Ex-conseiller général du Pas de Calais, canton de Calais centre
25 Avril 2008
Nicolas Sarkozy a pris la dimension du rejet de sa politique par les Français. Même les élus UMP s'inquiètent des dégâts de celle-ci dans l'opinion, des manifestations des lycéens, des ouvriers jetés hors de leur entreprise, des retraités, des handicapés.
Que fait-il pour montrer qu'il a compris les remontées du terrain ?
Il parle à la télévision sur le ton du candidat en campagne, affable, souriant, feignant une humilité surjouée à propos de la suppression du financement de la carte SNF de famille nombreuse qu'il présente comme une simple erreur de communication ....
L'exercice médiatique d'hier soir était attendu. Le ton et les thèmes abordés prévisibles. Mais qu'a-t-il dit qui nous permettrait d'être rassurés ?
Le président est resté dans le flou artistique qu'il affectionne, préférant jouer le pédagogue incompris tout en désignant ses boucs émissaires favoris comme les chômeurs fainéants ou les méchants spéculateurs. Ses amis Bolloré, Bouygues, Lagardère et consorts ont du bien rire.... Ceux qui se battent avec l'ANPE ou les petites annonces tous les jours beaucoup moins...
Voici un président qui s'est présenté comme le président de l'augmentation du pouvoir d'achat or tous les chiffres montrent sa stagnation en 2007 et sa diminution en 2008 depuis l'accélération de la hausse des prix non compensée par la hausse des salaires et des pensions de retraite.
Dans de nombreux domaines, la contradiction entre ses discours et ses actes est patente et vérifiable, comme sa promesse de réduire les prélèvements obligatoires, ce qu'a infirmé son premier ministre François Fillon ou son annonce d'un retrait possible de l'Afghanistan pendant la campagne présidentielle qui se solde aujourd'hui par l'envoi d'un millier d'hommes supplémentaires.
On attend toujours sa promesse de faire voter une loi contre la pratique détestable des golden parachutes, ou l'instauration d'une fiscalité écologique... De même le candidat Sarkozy, le 23 janvier 2007, avait promis d'augmenter de 25% les petites retraites et les pensions de réversion. Les retraités qui ont vu leurs pensions augmenter de seulement 1,1 % apprécient certainement cette promesse non tenue.
A la même date Sarkozy proposait de porter les remboursements des lunettes et des prothèses dentaires à 50%. Le 13 avril dernier, la ministre de la santé envisageait le déremboursement total des lunettes par la sécurité sociale.
De qui se moque-t-on ?
La liste des mensonges, approximations et contre-vérités s'allonge et Nicolas Sarkozy, à force de pirouettes, d'agitation et de surmédiatisation pense pouvoir continuer à mentir aux Français sur son véritable projet qu'il camoufle sous une pseudo volonté affichée de réformisme.
Ce n'est pas ce qu'attendent nos compatriotes.
Le candidat Sarkozy ne peut pas annoncer qu'il voudrait créer dans chaque département une école de la deuxième chance (qu'on attend toujours) et aujourd'hui supprimer 11 200 postes dans l'Education Nationale.
Et ce n'est pas sa vision internationale que personne n'a compris hier soir qui le fera endosser le costume trop grand pour lui de Président de la République Française.
Sur la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, sur la crise israélienne ou sur nos relations avec la Chine ou l'Afrique, que d'approximations, que de survols non maitrisés qui font qu'à l'étranger notre image s'étiole et que nous commençons à indisposer tout le monde par l'attitude inconséquente de notre petit coq gaulois.
Cela augure mal de la présidence française de l'Union Européenne dans quelques mois qui aurait pu être un grand moment de rayonnement.
Alors que l'année dernière Nicolas Sarkozy déclarait vouloir « mettre la monnaie européenne au service de la croissance et de l'emploi » et s'engager à lancer des discussions à ce sujet avec ses partenaires, un an après, rien n'a été fait et la question monétaire ne fait même pas partie des priorités de la présidence française.
J'avais écrit l'année dernière que cet homme me paraissait dangereux car il finit par croire ses propres mensonges ou demi-vérités.
Nicolas Sarkozy travestit ses renoncements en coups de menton vengeurs et continue de courir après sa propre image. Ses sondages sont au plus bas ? Rien que de très normal ! Je doute que le piètre débat d'hier soir lui ait donné l'occasion d'inverser la tendance.