Le blog de Philippe Vasseur, Consultant, Ex-conseiller général du Pas de Calais, canton de Calais centre
28 Septembre 2005
Je publie ci-dessous la note récente de Bernard Roman, député socialiste de la 1ere circonscription du Nord qui réagit à la politique de Nicolas SARKOZY, (fils d’immigré lui-même) qui « montre ses muscles » en ce moment. En dehors de la mascarade, des aboiements et des rodomontades dont je parlais récemment, Bernard Roman parle d’une histoire somme toute banale aujourd’hui et encore plus demain si on laisse se propager les idées et les méthodes de ce ministre et de ce gouvernement qui fait la chasse aux électeurs du Front National.
Vive
Grâce à la mobilisation de ses copains de classe, de leurs parents, des passagers de l’avion où on voulait l’embarquer de force, et même du pilote, le jeune camerounais, Guy EFFEYE, a pu éviter d’être expulsé il y a quelques jours et séparé de son bébé de quatre semaines né en France.
Mais dans l’ombre de Guy EFFEYE, des milliers d’étrangers sont aujourd’hui méthodiquement " raflés ", contrôlés, renvoyés.
Il faut dire que Nicolas SARKOZY a fixé des objectifs aux services de police : 23 000 étrangers renvoyés en 2005 contre 15 000 en 2004 et, à l’appui, une prime de rendement aux policiers les plus " performants ".
Mais derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes, des familles séparées, des gamins renvoyés dans un pays qu’ils ne connaissent pas et qui servent souvent d’interprètes entre leurs parents et les policiers venus les expulser, des gamins qui partent avec leurs cahiers de classe et pas leur " nintendo " car ils veulent garder le savoir qu’ils ont appris en France, leur seule patrie.
Monsieur SARKOZY montre ses muscles et la république perd sa chair.
La France ne compte pas plus d’immigrés aujourd’hui qu’il y a trente ans… mais la droite sait qu’elle compte plus d’électeurs d’extrême droite… alors elle choisit le coup de menton à l’appui d’une politique en direction de l’immigration qui ne produit que misère et exclusion.
Autorisations de séjour précaires qui ne permettent pas de travailler, restrictions des prises en charge des soins, dispositifs d’hébergements insalubres et saturés : voilà le cortège d’attentions d’une droite en chasse des voix du FN.
Il ne manquait plus à la droite que la possibilité de réouvrir le dossier du droit du sang, ce que Monsieur BAROUIN n’a pas hésité à faire à propos de l’outre-mer.
Alors, j’ai honte de ceux qui nous gouvernent et je me dis que si les passagers d’un vol régulier pour Yaoundé ont pu résister à l’inacceptable, ils n’ont fait que montrer la voie à ceux, nombreux, qui refuseront de cultiver la peur de l’autre. Vive